L’affaire Karachi

L’affaire de Karachi débute le 8 mai 2002. Ce jour-là, à six mille kilomètres de Paris, onze ingénieurs et techniciens français de la Direction des constructions navales (DCN) sont tués dans un attentat à la voiture piégée au Pakistan. Al-Qaida est immédiatement désigné comme responsable. Très vite, la raison d’État s’empare du dossier.
Comme dans une poupée russe, une deuxième affaire va s’emboîter dans la première. Les employés de la DCN morts à Karachi travaillaient à l’exécution d’un contrat d’armement signé en toute hâte le 21 septembre 1994 par le gouvernement d’Édouard Balladur. Un an avant l’élection présidentielle. Nom du contrat : Agosta. Montant de l’opération : 825 millions d’euros. Derrière Agosta se cache en réalité une incroyable affaire de corruption internationale où l’on voit défiler intermédiaires sulfureux, commissions occultes, paradis fiscaux et appétits politiques voraces. Mediapart a enquêté pendant deux ans sur ce sujet.

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04.03.2011

À lire

Extraits du contrat Agosta (21/09/94)

Extrait du contrat Agosta, signé le 21 septembre 1994 entre la France et le Pakistan concernant la construction et la livraison de trois sous-marins. La clause 47.4 interdit le versement de commissions en marge du contrat. Elle n’a pas été respectée.

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10.12.2010

À lire

La déposition du général Jean-Louis Porchier (15/12/09)

Procès verbal de la déposition, le 15 décembre 2009, devant la mission d’information parlementaire sur l’attentat de Karachi du contrôleur général des armées Jean-Louis Porchier. Le militaire dit avoir recueilli des informations selon lesquelles le contrat Agosta (la vente de sous-marins au Pakistan) aurait servi au financement illicite de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995 et au renflouement des caisses du Parti républicain (PR), alors présidé par François Léotard, ministre de la défense.

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- Karachi : un témoin accuse Balladur et Léotard

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05.12.2010

À lire

Correspondance Menayas/Pérol (14/11/07)

Correspondance du 14 novembre 2007 entre Gérard-Philippe Menayas, ancien directeur financier de la DCN, et François Pérol, alors secrétaire général adjoint de l’Elysée, au sujet du “chantage” exercé par Jean-Marie Boivin.

Article lié :
- Karachi : des lettres et une facture de 2007 impliquent l’Elysée

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05.12.2010

À lire

Une facture de 8 millions pour services rendus

Copie d’une facture de 8 millions d’euros pour « services rendus », adressée le 16 mai 2007 à Nicolas Sarkozy, entre autres destinataires. La facture est émise par Jean-Marie Boivin, l’ancien responsable d’une structure luxembourgeoise de la DCN, Heine, chargée du versement des commissions occultes des ventes d’armes de la DCN. Selon plusieurs témoins et documents, M. Boivin a réclamé entre 2004 et 2007 le versement 8 millions d’euros, faute de quoi il se réservait le droit de faire des révélations sur les dessous politico-financiers de certains marchés d’armement.

Articlé lié :
- Karachi : des lettres et une facture de 2007 impliquent l’Elysée

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24.11.2010

À lire

Notes décrivant les circuits financiers offshore utilisés lors de contrats de la DCN

Notes manuscrites datant de 1996 saisies par le juge Van Ruymbeke. Elles décrivent les circuits financiers offshore qui ont servi aux versements de commissions suspectes dans le cadre de plusieurs grands marchés d’armement de la DCN, notamment la vente de sous-marins au Pakistan et de frégates à l’Arabie saoudite.

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- Des documents saisis par les juges contredisent Nicolas Sarkozy

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24.11.2010

À lire

Projet de lettre de Léotard à Sarkozy

Projet de lettre de l’ancien ministre de la défense, François Léotard, à son homologue du budget, Nicolas Sarkozy, au sujet des dessous financiers du contrat Agosta, vente de trois sous-marins au Pakistan en 1994. Nicolas Sarkozy a affirmé en 2010 n’avoir jamais rien su de ce marché, sur lequel aujourd’hui pèse des soupçons de financement politique occulte.

Article lié :
- Des documents saisis par les juges contredisent Nicolas Sarkozy

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21.11.2010

À lire

Une chronologie de la DCN accuse Sarkozy

Chronologie saisie en 2007 au siège de la DCN, par la police française, et en 2009 au Luxembourg, par la police luxembourgeoise, qui montre que Nicolas Sarkozy a validé en 1994 la création, quand il était ministre du budget, d’une structure au Luxembourg baptisée Heine. C’est par elle qu’ont transité les commissions suspectes du contrat Agosta avec le Pakistan, dont une partie aurait servi au financement occulte de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur.

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- Les rapport et documents qui impliquent le chef de l’Etat

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10.10.2010

À lire

Extraits de l’agenda 1994 d’Emmanuel Aris (DCN)

Extraits de l’agenda 1994 de l’ancien vice-président de la DCN, Emmanuel Aris, qui confirment que Ziad Takieddine a bien participé aux négociations du contrat Agosta. L’intermédiaire a toujours affirmé avoir été étranger à cette affaire.

Article lié :
- Karachi : révélations sur l’intermédiaire balladurien

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10.10.2010

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Le contrat DCN/Takieddine

Contrat signé le 30 juin 1994 entre la DCN et l’intermédiaire Ziad Takieddine, octroyant à celui-ci le versement de 33 millions d’euros de commissions dans le cadre du contrat des sous-marins Agosta vendus au Pakistan. Selon plusieurs témoignages, M. Takieddine a été imposé par le gouvernement Balladur dans les négociations alors que celle-ci étaient déjà closes. C’est sur lui que pèse aujourd’hui tous les soupçons de financement politique occulte.

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- Karachi : révélations sur l’intermédiaire balladurien

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26.04.2010

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Versement supplémentaire de 200.000 francs sur le compte de campagne de Balladur

Bordereau bancaire indiquant qu’un complément de dépôt d’espèces, à hauteur de 200.000 francs, a été réalisé le 27 avril 1995 sur le compte de l’Aficeb.

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26.04.2010

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Note du Crédit du Nord sur les versements en liquide de la campagne Balladur

Note manuscrite du Crédit du Nord montrant que les dépôts d’espèces sur le compte de l’Aficeb ont été réalisés en grosses coupures de billets de 100 et 500 francs.

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26.04.2010

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Bordereau bancaire : 10 millions en liquide pour la campagne de Balladur

Bordereau bancaire montrant que le compte de l’association de financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur, l’Aficeb, a été crédité le 26 avril 1995 de 10.050.000 de francs en liquide. L’origine de ces fonds demeure à ce jour inexpliquée. La justice cherche à savoir si les espèces proviennent de détournements de fonds sur des ventes d’armes.

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16.10.2009

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Note de la DCN du 24/01/01 évoquant l’arrêt du versement de commissions en marge du contrat Agosta

Note de la DCN du 24 janvier 2001 évoquant l’arrêt du versement de commissions en marge du contrat Agosta.

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- Affaire de Karachi : la DCN confirme la piste des rétrocommissions

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16.10.2009

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Note de la DCN évoquant des retrocomissions en marge d’Agosta

Note de la DCN évoquant les retour illicite de commissions en France en marge du contrat Agosta.

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- Affaire de Karachi : la DCN confirme la piste des rétrocommissions

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13.09.2008

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Le rapport Nautilus

Rapport "Nautilus" rédigé le 11 septembre 2002 par un ancien agent du contre-espionnage français, Claude Thévenet. Employé par la DCN, ce dernier a été chargé d’enquêter sur les causes de l’attentat de Karachi qui a coûté la vie à onze ouvriers français de la DCN le 8 mai 2002. Les conclusions de Nautilus excluent la piste Al-Qaïda et privilégient un règlement de compte sur fond de différend financier lié aux ventes d’armes franco-pakistanaises.

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- Ventes d’armes : la corruption au cœur de la République

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13.09.2008

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Le mémorandum du 29 avril 2008

Mémorandum du 29 avril 2008 de l’ancien directeur financier de la Direction des construction navales (DCN), Gérard-Philippe Menayas, qui dévoile les dessous financiers de plusieurs grands contrats d’armement français.

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