L’argent Libyen de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy a-t-il bénéficié du financement du régime libyen de Mouammar Kadhafi lors de sa campagne électorale victorieuse de 2007 ? Les documents que nous avons publiés le suggèrent. De même que les déclarations des proches de l’ancien dictateur libyen.

Document révélé le
28.04.2012

La preuve du financement libyen de Nicolas Sarkozy

Selon un document officiel libyen, le régime de Kadhafi a décidé de débloquer une somme de 50 millions d’euros pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Le chef des services libyens d’alors y évoque des réunions préparatoires avec Brice Hortefeux et l’intermédiaire Ziad Takieddine.
La traduction intégrale du document :


Jamahirya arabe libyenne populaire glorieuse

« Pas de démocratie sans conférence populaire »

Date : 10. 12. 2006

Correspondant à : 10. 12. 1375

N° 1917 68 P

Service de la sécurité extérieure

Frère / Président du Fonds libyen des investissements africains

Que la paix soit sur vous…

En référence aux instructions émises par le bureau de liaison du comité populaire général concernant l’approbation d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, Monsieur /Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros.

Nous vous confirmons l’accord de principe quant au sujet cité ci-dessus, et ce après avoir pris connaissance du procès-verbal de la réunion tenue le 6. 10. 2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens, et le président du Fonds libyen des investissements africains, et du côté français, Monsieur /Brice Hortefeux, et Monsieur /Ziad Takieddine, et au cours de laquelle un accord a été conclu pour déterminer le montant et le mode de paiement.

Que la paix soit sur vous et la miséricorde de Dieu et ses bénédictions…

Moussa Imuhamad Koussa

Chef du service

de la sécurité extérieure


Document révélé le
28.07.2011

Quand Guéant dresse le programme des partenariats futurs avec la Libye et parle à la place de Kadhafi

Dans un courrier adressé aux autorités libyennes le 20 juillet 2007, Claude Guéant dresse le programme des partenariats futurs entre l’Union européenne et la Libye. Il annonce déjà l’intention de la France « de renforcer sa coopération bilatérale, dans le domaine du développement technologique, du nucléaire civil, de la défense et de la formation ».

Dans un autre envoi à M. Takieddine, le 29 août 2007, Claude Guéant transmet à Saif al-Islam Kadhafi un projet de déclaration du colonel Kadhafi sur la question des “contreparties” à la libération des infirmières. Il reçoit en retour une version corrigée par Ziad Takieddine.

Document révélé le
28.07.2011

I2E verse des commissions à Takieddine

4 janvier 2008 : a société spécialisée dans l’écoute et les moyens de contrer les écoutes I2E signe un premier contrat de 33 millions d’euros visant à équiper l’état-major de la marine libyenne. Le 10 avril 2007, I2e signe parallèlement des contrats de consultants avec deux sociétés offshore de M. Takieddine (Como holding et Tri Star holding). Selon les documents en notre possession, I2e verse des commissions au marchand d’armes entre décembre 2007 et octobre 2008 – 2,4 millions d’euros pour Como holding et 2,07 millions d’euros pour Tristar. Soit un total de près de 4,5 millions d’euros de commissions que la loi française proscrit depuis 2000.

Document révélé le
28.07.2011

Comment Guéant a dealé la libération des infirmières bulgares

Selon les notes de l’intermédiaire Ziad Takieddine, Claude Guéant a mis en place le scénario de la libération des infirmières, intervenue le 24 juillet 2007, en concertation avec Abdallah Senoussi, le bras droit et beau-frère de Kadhafi. Un cabinet d’affaires américain, nommé Patton&Boggs, a même été chargé du montage juridique par les Libyens. Le premier ministre du Qatar, Hamad Ben Jassem, jouant comme cela avait été dit un rôle de médiateur entre l’Europe, la France et l’Etat libyen.

Document révélé le
28.07.2011

Une société française pour les grandes oreilles libyennes

En avril 2006, l’intermédiaire Ziad Takieddine introduit en Libye un groupe spécialisé dans la guerre électronique, I2e, basé à Aix-en-Provence, et son patron Philippe Vannier, actuel PDG du groupe Bull. Les documents préparés par I2e vantent ainsi sa capacité à contrer le système d’écoute et d’interception américain Echelon : « Nos procédés sont complètement uniques et offrent une solution inviolable au système d’espionnage anglo-américain. Les intérêts vitaux de la Libye ne seront pas épargnés par le système Echelon. Le ministre de l’Intérieur français dispose d’une réelle connaissance corroborée par une collaboration avec la société spécialisée dans ce domaine. Il nous appartient par conséquent de vous assister à mener une investigation approfondie sur la nature des informations risquant d’être obtenues par Echelon. »

Document révélé le
28.07.2011

Hortefeux entre dans le circuit libyen

Le 15 novembre 2005, c’est au tour de Brice Hortefeux, qui détient à ce moment le portefeuille de ministre délégué aux collectivités locales, de faire part de son désir de « favoriser les relations entre la Grande Jamahiriya et la France dans le cadre de la sécurité intérieure et des coopérations décentralisées ». 

Document révélé le
28.07.2011

Guéant confirme sa venue à Tripoli

23 septembre 2005 : Claude Guéant, directeur du cabinet du ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy, écrit au ministre libyen de la sécurité publique pour confirmer son arrivée à Tripoli « le 30 septembre dans la soirée pour en repartir le dimanche 2 octobre ».

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28.07.2011

La note de Takieddine à Guéant sur la mystérieuse « visite préparatoire »

22 septembre 2005 : l’intermédiaire en armement envoie une note à Claude Guéant, alors directeur de cabinet du ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy. Guéant doit se rendre en Libye avant la visite officielle de Sarkozy. Parmi les sujets évoqués, l’intermédiaire parle de la « protection des frontières effectuée par le pôle de sécurité française dirigé par Sagem et le "refit" des Mirage, Sukhoï (170 en tout) ». Autant de sujets qui, en théorie, ne sont pas de la compétence du ministère de l’intérieur français, mais de celui de la défense.

Document révélé le
28.07.2011

Sarkozy écrit à un obligé de Kadhafi

Le 10 septembre, Nicolas Sarkozy écrit à un obligé de Kadhafi, Nasr El Mabroul Abdallah, pour lui confirmer son désir de se rendre en Libye. Suivant les instructions de Takieddine, Nicolas Sarkozy propose : « Monsieur Claude Guéant, mon directeur de cabinet, pourrait se rendre à Tripoli avant la fin de septembre afin de préparer les entretiens que nous aurons. » 

Document révélé le
28.07.2011

Quand Takieddine organise la visite d’un ministre français en Libye

Le 6 septembre 2005, Ziad Takieddine envoie une première note « confidentielle » à Claude Guéant dont l’objet est la « visite du ministre le 6 octobre 2005 ». Outre quelques sujets politiques à aborder avec les Libyens (terrorisme, immigration, Afrique du Nord...), la question des contrats est prégnante. Sur la protection des frontières, les cartes d’identité, les passeports...

Document révélé le
28.07.2011

Takieddine organise la visite d’employés de Sagem

22 septembre 2005 :

Le rapprochement de la Libye avec la France passe notamment par une série de contrats. Ziad Takieddine, l’intermédiaire proche de Sarkozy, est chargé de l’organisation. Par exemple, pour la vente d’un système de fabrication de passeports et cartes d’identité biométriques. Dans l’une de ses notes personnelles, M. Takieddine fait état de « l’accord donné par le ministre Sarkozy à l’exécution de ce projet » et d’un projet d’invitation, pour six jours, « des responsables de la compagnie française Sagem » chargée du projet « sous la supervision du ministre de l’Intérieur de France ».

Document révélé le
28.07.2011

Le ministre libyen de l’intérieur invite Sarkozy

La lune de miel entre la Libye de Kadhafi et le ministre de l’intérieur français commence dès 2005 et le retour de Nicolas Sarkozy place Beauvau.

Le 22 juin 2005, Nasr Al-Mabrouk Abdallah, secrétaire des Comités populaires de la sûreté nationale, l’homologue libyen de M. Sarkozy, salue ce retour dans un courrier officiel. Le ministre libyen y exprime son « souhait d’établir une coopération sérieuse dans tous les domaines de la sécurité », de même que sa « volonté de vous rencontrer à Paris ou à Tripoli, le plus vite possible ».