La face cachée de l’empire Bolloré

On dit Vincent Bolloré à l’affût de tout, des médias, des télécoms, des coups financiers. Pourtant, son groupe ne semble pas de taille à mener de telles batailles. Il pèse à peine six milliards d’euros de chiffre d’affaires. D’où tire-t-il alors cette puissance ? Mediapart a publié une enquête en quatre volets sur la face cachée de l’empire Bolloré. Cette enquête ne parle pas du tout de la partie officielle du groupe, de ses activités industrielles connues, de ses volontés de développement dans les médias et autres. Elle n’a pour but que d’éclairer tout un pan du groupe resté dans l’ombre jusqu’alors. Sans l’accès à certains documents comptables et financiers, normalement inaccessibles à la presse et au grand public, elle n’aurait pu être réalisée.

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05.02.2009

À lire

La feuille de présence des actionnaires de la société Socfinal lors de l’AG de 2004

Cette feuille de présence des actionnaires de la société Socfinal montre que Vincent Bolloré et la famille du comte de Ribes n’hésitent pas à désigner parfois la même personne pour les représenter. Il s’agit souvent de Daniel-Louis Deleau, le responsable au Luxembourg de tout le groupe. C’est le cas ici.

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- Dans les brouillards du Liechtenstein

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03.02.2009

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Les résultats 2006 d’Intercultures

En 2007, Socfinal a réalisé un bénéfice net de 97 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 336 millions. Ce qui représente une marge bénéficiaire de 28,8%. Des taux que l’on ne retrouve que dans les secteurs de luxe. Sa filiale africaine Intercultures fait un peu moins bien : 17% de marge bénéficiaire seulement. Mais ce n’est qu’une moyenne, les roses du Kenya, notamment, plombent le résultat. En Côte d’Ivoire, Intercultures enregistre le résultat stupéfiant de 31 millions d’euros pour 67 millions de chiffre d’affaires, soit 44,9% de marge d’exploitation ! Un résultat d’autant plus appréciable qu’à l’inverse de l’activité en Asie, Socfinal a presque partout les mains libres en Afrique. Cela permet entre autres de ne pas abandonner les pratiques du bon vieux temps : toutes les dettes restent sur place, la trésorerie, elle, repart au Luxembourg.

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- Comment Vincent Bolloré s’est taillé un empire en Afrique

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03.02.2009

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La Socfinal, société née après la prise de contrôle de Rivaud

Socfinal est une société luxembourgeoise, administrée toujours par le même petit noyau : Bolloré, Fabri, de Ribes et un représentant de chaque groupement d’intérêt. La société est née lors de la réorganisation discrète qui s’est opérée entre Vincent Bolloré et la famille Fabri après sa prise de contrôle de Rivaud. Deux filiales ont été créées : Socfinasia d’un côté, qui regroupe les plantations en Asie, Intercultures de l’autre qui porte les filiales africaines. Vincent Bolloré détient directement et indirectement 39% de l’ensemble. En apparence, une position d’actionnaire minoritaire. Mais face à lui, c’est un groupement d’actionnaires qui détient la majorité, ce qui lui donne un peu plus de poids.

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- Comment Vincent Bolloré s’est taillé un empire en Afrique

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02.02.2009

À lire

Les sociétés du groupe Bolloré

Les 6 pages des sociétés consolidées appartenant au groupe Bolloré.

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- Enquête sur la face cachée de l’empire Bolloré

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02.02.2009

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Organigramme simplifié du groupe Bolloré

La présentation qu’en donne le groupe n’est qu’un pâle reflet de l’ensemble. Bolloré aujourd’hui, ce sont des dizaines de sociétés et de filiales dans le monde. Une petite partie est installée en France, un certain nombre en Afrique pour les besoins de ses activités portuaires, logistiques et agricoles, et un bon paquet ailleurs en Europe, avec une nette préférence pour le Luxembourg.

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- Enquête sur la face cachée de l’empire Bolloré

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02.02.2009

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L’empire Rivaud : un aperçu

Aux origines de la fortune discrète de Bolloré, il y a l’empire Rivaud. Puissance financière coloniale, propriétaire de millions d’hectares de plantations en Afrique et en Asie, elle a au fil des décennies accumulé des centaines de millions – des milliards aujourd’hui – dans les paradis fiscaux les plus divers – Vanuatu, Guernesey, Jersey, Luxembourg –, au travers d’un écheveau inextricable de sociétés en autocontrôle, aux noms évoquant le passé colonisateur français : Caoutchoucs de Padang, Forestière bordelaise, Terres rouges, Compagnie du Cambodge, Sennah Rubber...

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- Enquête sur la face cachée de l’empire Bolloré