La crise financière des Caisses d’épargne

Mediapart a longuement enquêté sur les dysfonctionnements qui ont plongé les Caisses d’épargne dans une crise sans précédent, la plus grave qu’un établissement financier ait jamais traversée en France. En octobre 2008, la banque était forcée de reconnaître qu’elle avait perdu 751 millions d’euros. Cette histoire fut en quelque sorte le prologue français de la crise financière mondiale.

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10.11.2009

À lire

Le mémoire du 29 novembre 2005 adressé à la Commission bancaire

Le 29 novembre 2005, la direction des Caisses d’épargne achève un mémoire pour présenter à la Commission bancaire sa défense. Le ton est un peu à la dénégation, mais on sent un très net infléchissement : la banque jure ses grands dieux à la Commission bancaire qu’elle va s’amender et améliorer ses procédures si gravement défaillantes. « La CNCE, assure-t-elle, souhaite réaffirmer à la Commission bancaire son engagement de mener à terme, d’ici fin 2006, le plan d’action de mise à niveau du dispositif de pilotage des risques et de contrôle interne du Groupe. A cet effet, elle dégagera les moyens nécessaires dans son budget 2006 afin d’assurer une priorité effective aux principaux projets de ce plan. Celui-ci fera l’objet d’un suivi trimestriel par le conseil de surveillance de la CNCE et, tout particulièrement, son comité d’audit qui sera assisté par l’Inspection générale de la CNCE. »

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10.11.2009

À lire

La lettre de griefs de la Commission bancaire du 29 juillet 2005

Au beau milieu de l’été 2005, le patron des Caisses d’épargne, Charles Milhaud, reçoit une lettre en date du 29 juillet, signée par Hervé Hannoun, l’ex-directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy à Bercy puis à Matignon, à l’époque vice-gouverneur de la Banque de France et patron de la Commission bancaire. C’est une lettre sèche, presque brutale, qui informe sans ménagement le président du directoire de la banque qu’une « procédure disciplinaire à l’encontre de la Caisse nationale des Caisses d’épargne (CNCE) » a été ouverte par la Commission bancaire. « Plusieurs faits » constatés par une inspection de cette institution placée sous la tutelle de la Banque de France, poursuit la missive, « seraient susceptibles, s’ils étaient établis, de constituer des infractions aux dispositions législatives et réglementaires applicables » qui font obligation aux groupes bancaires « d’assurer un pilotage consolidé des principaux risques financiers précis et fondé sur un contrôle interne convenablement organisé ».

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09.11.2009

À lire

Le projet de rapport de l’inspection générale de la CNCE (11/03/2008)

Une mission de contrôle est demandée à l’Inspection générale de la CNCE. Elle a lieu du 12 novembre au 14 décembre 2007 : pendant un peu plus d’un mois, les inspecteurs de la maison font le tour des Caisses régionales et de la Caisse nationale et épluchent les comptes. Et les trouvailles qu’ils font –consignées dans un rapport confidentiel intitulé « Gestion du compte propre des Caisses d’épargne », finalement daté du 11 mars 2008– donnent la mesure de l’argent qui s’envole dans des spéculations hasardeuses dont la direction financière du groupe ne tient pas même l’état précis en temps réel.

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09.11.2009

À lire

Courrier du 20 mars 2008 de la Commission bancaire

Dans un courrier daté du 20 mars, adressé à Charles Milhaud, la secrétaire générale de la Commission bancaire, Danièle Nouy, s’inquiète du fait qu’aucune mesure ne semble avoir été prise par la banque malgré les multiples mises en gardes.

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06.11.2009

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Le projet de financement du Falcon 900 EX de Cheikh Faisal F. Al-ghobain

Le 14 octobre 2008, les principaux dirigeants des Caisses d’Epargne se penchent sur une question apparemment anodine (la banque fait alors face à une tempête financière susceptible de lui coûter des centaines de millions d’euros) : faut-il que le directoire de la CNCE donne son accord toutes affaires cessantes à un projet prévoyant de financer l’achat par un cheik d’Arabie saoudite d’un jet Falcon 900 EX pour un montant de 45 millions de dollars, une commission de 5% devant aller par ailleurs dans la poche d’un mystérieux intermédiaire ? Et la réponse est tombée dans la soirée : c’est oui ! Cheikh Faisal F. Al-ghobain est l’homme de confiance du ministre de l’intérieur d’Arabie saoudite, le prince Nayef ben Abdel Aziz, demi-frère du roi Abdallah. Le document ci-contre est la version anglaise du financement de l’achat du Falcon. Un financement inhabituel : le prix semble très élevé car un avion de ce type dépasse rarement le plafond de 40 millions de dollars. En outre, le contrat concerne le financement de non 100% de la somme, mais de 110%.

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